Le petit Vélo jaune asbl

Quelle est l’importance de votre groupe cible spécifique et expliquez la manière dont il sera atteint par le projet?

Le Petit vélo jaune « accompagnement solidaire de familles » s’adresse à des futurs ou à des nouveaux parents en situation de grande vulnérabilité : des familles isolées, fragilisées, des familles économiquement affaiblies ou en situation de grande précarité. Des familles monoparentales, ou/et déracinées par la migration, ou encore de très jeunes mères sans repère ni entourage. Toutes sont désireuses d’offrir le meilleur à leurs enfants, mais les situations complexes auxquelles ces familles doivent faire face alourdissent leur quotidien. Les parents sont au bord de la rupture, ils se dévalorisent, s’angoissent, s’épuisent, ... Les familles nous sont renseignées par les services de première ligne qui les connaissent, comme l’ONE, des CPAS, des maternités, des AMO, des associations de quartier. En 2019, plus de 29 catégories de service envoyeurs nous ont mis en lien avec des familles en demande d’un accompagnement. 80 familles, 195 enfants ont ainsi bénéficié de nos services.

 

Quelle est la méthodologie innovante utilisée pour s'attaquer au problème de la pauvreté au sein de votre public cible ? Comment le groupe cible sera-t-il impliqué ?

Les parents en situation de fragilités sont souvent stigmatisés, ils ont peur de mal faire et nous parlent de leur ressenti vis-à-vis de l’extérieur. Beaucoup manquent de confiance en eux et se sentent jugés.

La plupart doivent s’organiser seul, sans l’appui d’un entourage bienveillant. Leurs journées ressemblent à un marathon, entre les démarches à accomplir, souvent TRES complexes, les horaires et engagements à tenir, avec si peu d’aide et de moyens, puis le soir retrouver refuge dans un logement souvent vétuste et presque toujours trop petit ...le découragement n’est pas loin.

PVJ leur propose de ne plus être seuls et d’être accompagnés dans la durée par une personne bénévole que nous appelons un coéquipier.

L’accompagnement proposé s’organise sous la forme d’une rencontre. Chaque semaine, sur une durée de 1 an environ, un coéquipier se rend au domicile d’une famille, toujours la même, dans esprit de solidarité et de bienveillance. Ensemble ils envisagent les difficultés et tentent d’y apporter des solutions.

Au fil des rencontres, un lien de confiance et d’amitié se tisse, qui permet aux familles de se sentir considérées, de prendre du recul, de se sentir écoutées et prises en compte. Soutenues de manière très concrètes dans leur quotidien.

 

Quels résultats ont été obtenus par ce projet et comment ont-ils été mesurés ?

Les intervenants de première ligne sont des citoyens ordinaires. Les familles apprécient cette relation d’aide « normale », qui ne les stigmatise pas. Notre meilleur outil de mesure sont les témoignages des familles elles-mêmes. Cependant, depuis 2017, nous avons entamé un programme d’auto évaluation, initié par la FRB, qui nous permet de chiffrer l’impact de notre action sur le bien-être des familles.

Sur les 80 familles et 195 enfants que nous avons accompagnés en 2019, 80% vivent dans la précarité. 60 % des familles sont monoparentales.

82% des familles affirment être sorties de la solitude en fin d’accompagnement. Près de 90% apprécient d’avoir pu échanger et “vider leur sac” avec un autre adulte. 75% disent avoir retrouvé du temps de plaisir avec leur(s) enfant(s), mais aussi pour elles-mêmes. 89% des familles estiment qu’elles ont pu effectuer des démarches administratives qu’elles considéraient alors comme insurmontables, et cela grâce au coéquipier.